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Cette page sur la "Plasmonique" est une page de culture générale qui semble nous éloigner du Raman. J'y aborde les plasmons de surface qui jouent un rôle essentiel dans ce qui va suivre. Il y a différents degrés de lecture : depuis la vulgarisation jusqu'à la présentation de notions plus complexes comme l'invisibilite avec les métamatériaux, où, en définitive, les plasmons de surface sont aussi présents, comme dans le phénomène SERS, à l'origine du sujet.
Qu'est-ce qu'un plasmon ?
Selon le modèle de Drude, les
métaux sont constitués d'électrons
libres ou de conduction (mer électronique) dans un
réseau d'ions métalliques fixes. Un plasmon est
une oscillation de plasma (mer électronique
énergétiquement sollicitée)
quantifiée. On distingue les plasmons de volume, les
plasmons de surface et les plasmons de surface localisés.
- Plasmons de volume
-
Les oscillations de plasma
d'un métal peuvent être comprises dans le cadre
d'une théorie classique dont les bases furent
jetées par le physicien Paul Drude en 1902, peu
après la découverte de l'électron par
le physicien anglais Joseph John Thomson (1897).
-
Si on suppose que les ions
sont fixes, et que les électrons libres peuvent se
déplacer en bloc, et que x est la position du centre de
masse des électrons par rapport au centre de masse des ions,
lorsque x est différent de zéro, il existe un
excès de charges positives d'un côté du
système (supposé de dimension finie dans la
direction parallèle à x) et un excès
de charge négative du côté
opposé. Ces excès de charges constituent une
force de rappel qui tend à ramener x à
zéro.
-
Cependant, s'il n'y a pas de
dissipation, l'énergie mécanique totale
étant conservée, le centre de masse des
électrons va effectuer des oscillations à une
pulsation appelée pulsation plasma ωp.
-
Dans le cas où on
suppose que le métal est limité le long de la
direction x, et infini dans les directions perpendiculaires, on peut
calculer la pulsation plasma en utilisant le
théorème de Gauss pour calculer le champ
électrique créé par les
excès de charge. On trouve que les excès de
charges créent un champ électrique :
-
où n
est la densité volumique d'électrons libres, ε0
la permittivité du vide et e la charge
élémentaire, ce qui conduit à une
pulsation plasma :
qui
paramétrise la constante diélectrique du
métal (modèle de Drude).
-
Dans le domaine optique, la
relation de dispersion ε(ω) prend la forme
simple :
-
Cependant, pour tenir compte
du caractère quantique de la dynamique des
électrons, on utilise l'approximation de la phase
aléatoire et la théorie de la réponse
linéaire pour calculer la constante diélectrique ε(q,ω).
-
Les oscillations de plasma se
comportent comme des particules quantifiées
appelées plasmons. Comme les énergies de ces
particules sont de l'ordre de 10 à 20 eV dans les
métaux massifs, la fréquence plasma se trouve
dans l’ultra-violet et il n’est pas possible
d’exciter les modes plasmons avec une excitation optique dans
le visible. Cependant, cette valeur est faible pour les
métaux nobles : couches d'or (ωp
= 9.030 eV) ou d'argent (ωp
= 8.980 eV). Il est cependant possible d'exciter les modes de plasmons
en utilisant des électrons ou des rayons X pour bombarder un
film métallique suffisamment fin. Les électrons
ou les photons X peuvent céder de l'énergie aux
plasmons ce qui permet leur détection (Mesure de pertes
d'énergie d'électrons : Faisceau de radiations du LURE, ou de SOLEIL, ESCA, XPS et UPS).
- Plasmons de surface
-
Le plasmon de surface est une
onde de densité d’électrons libres
située à l’interface entre un milieu
conducteur, comme un métal, et un milieu
diélectrique, comme l’air ou le verre. Cette onde
provient du couplage entre les photons incidents arrivant sur
l’interface métallique et les électrons
libres proches de l’interface (profondeur de peau). Ce
couplage conduit à une oscillation
longitudinale des électrons et à une onde
électromagnétique polarisée TM,
c’est-à-dire que le champ excitation
magnétique H est perpendiculaire au
plan
d’incidence (xz) de la figure ci-dessous. En effet, seule
cette polarisation permet d’obtenir une résonance
du mode plasmon.

Propagation de plasmons sollicites par une onde
électromagnétique optique sur
l’interface d’un métal de
permittivité εm
et d’un diélectrique de permittivité ε1.

: mieux qu'une fibre optique, un nanofil d'argent conduit la lumière. Illustration montrant la propagation du plasmon sur un nanofil d'argent monocristallin sollicité à une extrémité par de la lumière laser. Crédits : Université de Technologie de Troyes, Institut Charles Delaunay.
-
La résonance de
plasmons de surface (SPR) à l’interface entre un
métal (or ou argent) et un milieu diélectrique se
situe dans le domaine optique : couches d'or dans le vide : ωps
= 2.5 eV, couche d'argent dans le vide : ωps
= 3.6 eV (valeurs calculées d'après le
modèle de Drude). Et c’est là tout l’intérêt des plasmons de surface pour la photonique.
- Plasmons de surface localisés
-
Un plasmon de surface localisé est conduit par une onde électromagnétique externe, dont la
fréquence de résonance est la fréquence plasma principalement ajustée par la taille, la forme,
le type de matériau, et l’espacement inter-particulaire aussi bien que l’environnement
diélectrique des particules métalliques. Quand une radiation électromagnétique de même
fréquence est incidente sur la nanoparticule métallique, le champ électrique de la radiation
provoque la conduction des électrons qui se mettent à osciller collectivement.

Illustration de l’excitation des résonances plasmons de surface localisées de nanoparticules de certains métaux sphériques par une radiation incidente électromagnétique. Le nuage électronique de surface (ou plasmon de surface localisé, LSP) des nanoparticules de métaux nobles a la propriété d’entrer en résonance avec le champ électrique oscillant d’une radiation électromagnétique incidente. Ce processus d’interaction entre la lumière et la matière, qui se produit dans le visible, s’avère être le plus efficace en terme d'énergie par volume. Cela fait donc des nanoparticules métalliques des candidates de choix dans le domaine de l'optique guidée. En effet, les dimensions très réduites de ces puissants nano-oscillateurs permet de localiser et de diriger une onde lumineuse dans des espaces très inférieurs à la longueur d’onde.
-
L’excitation du LSP d’une nanostructure induit une amplification du champ
électromagnétique local d’un facteur 10 dans la plupart des cas. La diffusion Raman SERS
s’approximant en E4, le facteur d’amplification électromagnétique est de
l’ordre de 104. Un facteur chimique d’amplification de 102 a été interprété comme provenant
de l’excitation des résonances électroniques localisées de l’adsorbat ou des résonances de
transfert de charge du métal vers l’adsorbat (par exemple la diffusion Raman résonante). La
combinaison de la diffusion Raman de résonance avec le SERS peut aboutir à des facteurs de
l’ordre de 108-109. Les mécanismes électromagnétiques dans l’effet SERS dépendent
fortement de la structure électronique et de la rugosité du substrat métallique, le choix d’un
substrat de nature et de structure optimisées est donc essentiel. (Pour en savoir plus sur SERS)
- Intérêt pour la plasmonique
-
Cet
intérêt pour la plasmonique s’explique
principalement par le fait que les plasmons de surface, qui se
déplacent le long de l’interface entre un
métal et un diélectrique, permettent le
confinement de l’énergie optique à
l’intérieur de volumes nettement plus petits que
ceux obtenus à l’aide des structures
diélectriques conventionnelles telles que les fibres
optiques. D’autre part, le champ électrique se trouve notablement amplifié.
-
L’amplification
optique est la seule stratégie viable pour permettre
à la lumière de voyager sur de longues distances
lorsqu’elle est confinée dans un mode plasmonique.
Atteindre une telle propagation macroscopique des ondes de plasmon de
surface est essentielle pour de nombreuses applications de la
technologie émergente plasmonique, qui vont de dispositifs
de communication compacts au dispositifs de calcul optique en passant
par des outils de détection et caractérisation
des cellules des particules virales, ou même des
molécules uniques.
En guise d'introduction
Extraits
d'un article de Cécile Michaud, journaliste scientifique,
mars 2007.
Depuis quinze ans, l’optique
connaît une évolution comparable à ce
qui a fait le succès phénoménal de
l’électronique il y a un demi-siècle :
la miniaturisation, l’intégration de
systèmes complexes, la diffusion vers les
activités et les besoins du grand public. Cette
optique-là n’a plus grand chose à voir
avec celle des miroirs et des lentilles, dont les dimensions se
comptaient au moins en centimètres. Pour bien marquer la
différence, on parle aujourd’hui de photonique
– la science du photon, comme
l’électronique est celle de
l’électron. Mieux : désormais, les
chercheurs savent concevoir des dispositifs dont la taille atteint
quelques centaines de nanomètres, et on parle alors de
nanophotonique.
Les possibilités de cette nouvelle
discipline sont considérables, puisque les photons vont
naturellement plus vite, et facilement plus loin, que les
électrons. Cependant, lorsqu’on atteint ces
échelles, les lois de l’optique ne sont plus tout
à fait celles que l’on connaît, et
demandent de nouveaux développement théoriques. "Lorsque
la dimension caractéristique des composants est du
même ordre de grandeur que la longueur d’onde de la
lumière considérée, tout devient plus
complexe", indique Riad Haidar de l'ONERA. Dans le cas de la
lumière infrarouge, cette longueur d’onde est de
l’ordre du micromètre.
C’est un Français, Thomas Ebbesen, suite
à des études relatées dans une lettre à la revue
Nature en février 1998, qui a mis en
évidence cette nouvelle physique. Il a en effet
découvert, au début des années 1990,
le "tamis à photons" : c’est une ouverture plus
petite que la longueur d’onde, percée dans un film
métallique et entourée de gravures
périodiques nanométriques. Un trou,
percé dans ces conditions, possède une
transmission optique extraordinaire, car plusieurs ordres de grandeur
supérieure à ce que prédit la
théorie classique. De plus, sa diffraction peut
être contrôlée grâce
à l’activation de "plasmons de surface",
mouvements collectifs d’électrons à la
surface d’un matériau conducteur. Comment utiliser
ces plasmons pour maîtriser la lumière ? "Les
enjeux théoriques sont considérables. Nous
développons des modèles afin de mieux comprendre
les phénomènes physiques mis en jeu,
expose Riad Haidar. Nous définissons aussi
quelles solutions basées sur la nanophotonique peuvent
répondre aux besoins en matière
d’instrumentation optique".

Exemples de nanostructures
métalliques : (a) Réseau de fentes dans un film
métallique; (b) Réseau de trous.

Les plasmons de surface (en vert et en
jaune) sont des ondes électromagnétiques qui se
créent à la surface d’un
métal par couplage avec l'onde incidente et les électrons libres de surface. Ces plasmons peuvent faciliter la transmission des
photons grâce à des
phénomènes de résonance verticales (en
vert) ou horizontales (en jaune) dans le réseau de fentes
d’un film métallique.
Parmi les applications de ces
systèmes optiques miniatures, citons les systèmes
de filtrage spectral, destinés à laisser passer
certaines longueurs d’onde et à arrêter
les autres. "Nous avons fabriqué des membranes
d’une centaine de nanomètres
d’épaisseur suspendues entre deux rebords,
décrit le chercheur. Ces "microponts" en carbure
de silicium, larges de deux à trois micromètres
et espacés régulièrement, sont un bon
système de filtrage spectral".
Une autre application
importante concerne la mise en forme de faisceaux de
lumière, notamment pour les rayonnements laser intenses. "Notre
équipe a développé un concept original
d’analyse de la surface de l’onde, qui donne
déjà de très bons résultats,
indique Riad Haidar. Et nous pensons que les nanostructures
métalliques permettraient d’en
améliorer encore les performances. Ces dispositifs
permettent aussi de modifier la forme du faisceau à
volonté, par exemple en sélectionnant certaines
longueurs d’onde, ou en rendant certaines zones plus ou moins
intenses".
Les cellules
photovoltaïques, qui convertissent la lumière du
soleil en électricité, pourraient aussi
bénéficier des progrès de la
nanophotonique : des nano- ou micro-antennes pourraient
piéger la lumière au voisinage de la cellule
solaire, et offrir ainsi un meilleur rendement. De même, des
micro-antennes à plasmons permettraient
d’améliorer la sensibilité des
détecteurs infrarouge. L’Onera a
proposé à l’Agence nationale de la
recherche un projet en ce sens, baptisé Antares (antennes
à résonances de plasmons).
Anomalies de Wood
Au début du siècle
dernier, Wood a découvert que les réseaux
gravés dans un métal très conducteur
comme l'argent ou l'aluminium présentent pour certaines
fréquences un changement soudain de l'intensité
de la lumière diffractée. Ce
phénomène n'est observé que lorsque le
champ magnétique est dirigé suivant l'axe
principal des sillons du réseau. Les modèles
scalaires de diffraction de la lumière de la
lumière dans un réseau de diffraction ne
permettent pas de prévoir cette résonance
puisqu'elle est reliée à la polarisation de la
lumière, et que seul un modèle vectoriel permet
donc de modéliser ce phénomène. Dans
les années 1970, les progrès
réalisés dans la théorie
électromagnétique ont permis d'expliquer ces
anomalies par l'excitation d'une résonance
électromagnétique de surface, appelée
résonance plasmonique. L'arrivée des premiers
codes numériques basés sur la
résolution rigoureuse des équations de Maxwell a
alors permis de modéliser ces anomalies,
observées jusqu'alors expérimentalement, et de
comprendre les propriétés des
résonances plasmoniques.
R.
Wood, "On a remarkable case of uneven distribution of light in a
diffraction grating spectrum," Phil. Mag. 4, 396-402 (1902)
Tamis à photons
A la fin des années 1990 est apparu
un nouveau dispositif, dénommé
communément "tamis a photons", qui consiste en une fine
plaque métallique (d'une épaisseur
inférieure à la longueur d'onde)
percée de trous d'un diamètre
inférieur à la longueur d'onde,
régulièrement espacés. Pour certaines
fréquences, ce dispositif présente des pics de
transmission lumineuse alors inexpliqués. Cette
découverte a déclenché un vif
intérêt dans la communauté scientifique
et de nombreuses études ont été
publiées dans le but d'expliquer l'origine de cette
transmission inattendue.
Selon Thomas
Ebbesen* : "Il
y a dix ans, le fait de voir à travers un film d'or
percé seulement de trous de diamètre
inférieur à la longueur d'onde de la
lumière visible semblait incroyable à la plupart
des physiciens. Ce phénomène est pourtant bien
réel, et ses fondements théoriques sont
progressivement précisés. Les dispositifs
fondés sur ce principe ont des usages très
variés que nous commençons seulement à
entrevoir".
"Si quelqu'un vous dit qu'il peut passer
à travers la serrure d'une porte blindée, vous ne
le croirez probablement pas. Et vous aurez raison. Imaginez maintenant
que la même personne perce la porte d'une multitude de petits
trous, et que cette simple opération lui permette de
traverser l'obstacle : vous n'en croiriez pas vos yeux. Telles furent
ma stupéfaction et l'incrédulité de
mes collègues lorsque j'ai découvert que la
lumière traverse une plaque métallique
percée de trous beaucoup plus petits que sa longueur d'onde.
Plus fort encore, même la lumière qui tombe entre
les trous passe à travers. C'est tout à fait
contraire au bon sens et, bien sûr, à ce que l'on
apprend en cours de physique : avec quelques collègues, nous
avons mis huit ans avant de comprendre les causes de ce
phénomène. Une nouvelle étude
théorique vient de confirmer nos résultats".
(*) Note : Thomas Ebbesen est un physico-chimiste né en Norvège à Oslo le 30 janvier 1954. En 1999, il rejoint l’Institut de Science et d'Ingénierie Supramoléculaires (ISIS) fondé par Jean-Marie Lehn à l’Université de Strasbourg. Il est l’actuel directeur de l’ISIS. Depuis le 15 juin 2010, il est Membre étranger de l’Académie des Sciences.

1998 : Transmission extraordinaire
à travers des ouvertures circulaires sub-longueur d'onde
creusées dans un film d'argent.
Ouvertures cylindriques : d = 150 nm, p = 900 nm, h = 200 nm.
Couplages entre les plasmons de surface.
T.W. Ebbesen et al.; Nature 391, 667-669 (1998)
2002 : Nouvelle structure
proposée par Baida et Van Labeke
Annular Aperture Arrays (AAA)
Excitation des modes guidés de la structure (mode TEM en
particulier)
F; Baida and D. Van Labeke Opt. Comm. 209, 17-22 (2002)
La disposition
périodique des trous classe le tamis à photons
parmi les réseaux de diffraction bi-périodiques.
La modélisation simultanée des réseaux
1D et 2D pour expliquer la physique des tamis à photons a
jeté un doute sur l'origine de l'exaltation de la
transmission de la lumière. En 2003, afin de
démontrer que l'excitation de résonances
plasmoniques était à l'origine de l'exaltation de
la transmission lumineuse, une équipe de l'Institut
Fresnel (Marseille, équipe CLARTE) a reproduit
numériquement une expérience identique
à celle des tamis à photons, mais à
travers une plaque métallique sans trou. Afin de retrouver
une structure périodique qui permet d'exciter une
résonance plasmonique de surface
délocalisée sur l'ensemble du dispositif, a
été rajouté sur chacune des faces de
la plaque métallique un réseau bi-dimensionnel de
plots diélectriques. La transmission de la
lumière est négligeable à travers la
plaque métallique seule, mais atteint 67 % lorsque les plots
diélectriques sont rajoutés. Cette
expérience très simple qui a permis de
démontrer le rôle des plasmons de surface a
été récemment
vérifiée expérimentalement.
S. Enoch, E. Popov, M.
Nevière, R. Reinisch, "Enhanced light transmission by hole
arrays", J. Optics A, Pure and Applied Optics 4, S83-S87, (2002)
N.
Bonod, S. Enoch, L. Li, E. Popov, and M. Nevière, "Resonant
optical transmission through thin metallic films with and without
holes," Opt. Express 11, 482-490 (2003)
Fabrication des structures
périodes et annulaires
La technologie actuelle (la
lithographie électronique et/ou la gravure ionique) permet
la conception de nano-composants optiques qui confinent la
lumière à des échelles
nanométriques.
1
- La gravure ionique
La gravure ionique : une technique
rapide et efficace pour obtenir un trou isolé ou des
nanostructures.
FIB (Focused Ion Beam) : 30 kV et 12 pA; faisceau d'environ 10 nm
à l'EPFL (Ecole Polytechnique Federale de Lausanne) et de 30
nm à MIMENTO à l'institut FEMTO-ST
(Franche-Comté Electronique Mécanique Thermique
et Optique - Sciences et Technologies).
Structure AAA (Annular Aperture Array)
en argent réalisée à l'EPFL par
gravure ionique.
d0 =
200 nm, di
= 100 nm, p = 350 nm, h = 100 nm
Images MEB : (a) vue de 4 coaxes, (b) vue avec un tilt de 52°,
(c) vue de la matrice
2 - La lithographie électronique
La lithographie électronique
: une alternative moins onéreuse pour la
réalisation des nanostructures.
Structure AAA
réalisée par l'équipe de Patrick
Hoffman à l'EPFL.
Ouvertures
nanométriques (ou nanotrous)
Le champ d'application offert par la
maîtrise de la lumière à ces nouvelles
échelles est vaste et s'étend de l'exaltation des
effets non-linéaires ou du dénombrement de
molécules fluorescentes, à la modification de
l'interaction lumière-matière ou encore
à la manipulation de la matière par voie optique.
Si les tamis à photons permettent
l'excitation de résonances plasmoniques
délocalisées sur l'ensemble du composant, une
ouverture isolée permet d'exciter une résonance
plasmonique localisée à son voisinage proche. Le
plasmon qui est excité par l'ouverture, se propage en effet
à la surface du métal avec des pertes. Ce
nanocomposant apparaît alors comme un choix très
simple pour confiner la lumière puisqu'il permet d'exciter
une résonance de surface localisée à
l'échelle nanométrique. Les performances de
nombreuses techniques optiques seraient en effet grandement
améliorées si un seul trou de diamètre
inférieur à la longueur d'onde transmettait
efficacement la lumière. Par exemple, la microscopie optique
en champ proche, où un tel orifice est utilisé
pour l'observation optique de structures plus petites que la longueur
d'onde de la lumière utilisée, souffre de la
très faible transmission de celle-ci. (voir T. Ebbesen)
Le champ est très fortement
confiné au voisinage de l'ouverture et sa très
forte modulation, à des échelles sub-longueur
d'onde, rend la modélisation de la lumière
très difficile.
A l'aide d'une méthode
numérique FNF, une équipe de l'Institut
Fresnel (Marseille, équipe CLARTE) a
étudié les processus physiques
impliqués dans la diffraction de la lumière par
une ouverture nanométrique réalisée
dans un métal très conducteur. Elle a tout
d'abord démontré la possibilité
d'exciter une résonance plasmonique à l'aide
d'une ouverture simple, dépourvue de structuration, puis
étudié la transmission de la lumière
à travers l'ouverture. Elle a ensuite quantifié
la réduction du cône de rayonnement de la
lumière observée expérimentalement en
2001 à la sortie d'une ouverture structurée par
une modulation périodique et dissocié les
rôles des 2 structurations sur chacune des faces du
métal. La structuration du côté de
l'onde incidente permet de coupler efficacement l'onde incidente
à la résonance plasmonique, ce qui
entraîne une augmentation de l'intensité lumineuse
dans l'ouverture, et la structuration du côté de
l'émission permet de rayonner l'onde plasmonique qui se
propage à la surface du métal, ce qui diminue
l'angle du cône de rayonnement. Une étude
importante a porté sur la détermination de la
géométrie de l'ouverture qui optimise le couplage
entre l'onde incidente et la résonance plasmonique. Il a
été démontré que les rayons
des gravures successives qui optimisent le plasmon sont
égaux aux maximum et minimum successifs de la fonction RJ1(kp,
R), où R est le rayon de l'ouverture, J1
une fonction de Bessel du premier ordre et kp la
constante de propagation du plasmon. A l'aide de cette formule
très simple, on peut désormais
déterminer précisément la
géométrie des nano-composants à graver
qui optimisent le confinement du champ.
E.
Popov, M. Neviere, P. Boyer, and N. Bonod, "Light transmission through
a subwavelength hole," Opt. Commun. 255, 338-348 (2005).
E.
Popov, M. Neviere, A.-L. Fehrembach, and N. Bonod, "Optimization of
plasmon excitation at structured apertures," Appl. Opt. 44, 6141-6154
(2005).
Antibonding plasmon mode
coupling of an individual hole in a thin metallic film
J.
W. Lee1, T. H. Park2,
Peter Nordlander2, and Daniel M. Mittleman1,
1 Department of Electrical and
Computer Engineering, Rice University, 6100 Main Street, Houston, Texas
77005, USA
2 Department of Physics and
Astronomy, Rice University, 6100 Main Street, Houston, Texas 77005, USA
Phys. Rev. B 80, 205417 (2009)
The polarization dependence of the optical
properties of individual subwavelength holes in a thin metallic film is
studied using terahertz time-domain spectroscopy. We show that for
parallel polarization of the incident light, the coupling is
predominantly to short-range bonding film plasmons while for
perpendicular polarization the incident light couples more efficiently
to long-range antibonding film plasmons. These results represent a
direct observation of antisymmetric hybridized plasmons and clarify the
nature of plasmonic excitations in metallic structures with
subwavelength-scale geometrical features. We show that polarization
can be used as a means for selective excitation of film plasmon modes.

Upper row: electric-charge configuration
for the bonding (left) and antibonding (right) film plasmon modes.
Middle row: optimal coupling mechanism for parallel polarized light
(rose arrow) and the induced dipole moment (blue arrows) from a bonding
film plasmon of half wavelength equal to the hole diameter.
Lower row: optimal coupling mechanism for perpendicularly polarized
light (rose arrow) and the induced dipole moment (blue arrows.) from an
antibonding film plasmon of wavelength equal to the hole diameter.
Matériaux
à exaltation de champ
Les matériaux peuvent se
présenter aussi sous forme de couches minces,
constitués de nano-grains métalliques
(essentiellement Au ou Ag) déposés sur substrat
en couche semi-continue pour les milieux 2D, ou
intégrés dans une matrice diélectrique
(SiO2
ou TiO2)
pour les milieux 3D de type cermets.
L'une des propriétés, les
plus intéressantes et les plus
étudiées actuellement, associée aux
nanostructures métalliques est incontestablement la
résonance de plasmon de surface (SPR). Dans le cas des
couches 2D, on constate une évolution de la position
spectrale de cette résonance en fonction du taux de
couverture surfacique en métal. Et plus
particulièrement au voisinage du seuil de percolation, il
existe un plateau d'absorption (pour une valeur de l'ordre de 40%
d'absorption dans le cas de l'argent) du visible jusqu'à
l'infra-rouge. L'existence de ce plateau (absent dans l'intervalle
considéré à la fois des spectres d'une
couche métallique continue et du diélectrique
air) est due à la structure de la couche : les distributions
de taille et de forme des nano-grains métalliques sont
très larges et il existe toujours des grains susceptibles de
résonner quelque soit la fréquence d'excitation.

Images SNOM d'exaltations de champ
électromagnétique à la surface de
couche nano-granulaires d'or
a - distribution de l’intensité dans le rouge (à 647 nm) sur une couche d’or proche du seuil de percolation
b - Image SNOM d’exaltations du champ électromagnétique à la surface d’une couche nano-granulaires d'or
obtenue par l’équipe ONL du GEMaC à
l’université de Versailles St-Quentin en Yvelines
Antennes plasmoniques pour
la nanophotonique
Extraits
d'un article écrit le 15.06.2005 par Olivier Martin, Laboratoire de
nanophotonique & métrologie, EPFL (Lausanne, Suisse)
La revue "Science" a publié dans son
numéro du 10 juin 2005 les résultats d'une
recherche menée en collaboration entre le groupe Nano-Optics
dirigé par le professeur Bert Hecht à l'Institut
de physique de l'Université de Bâle et le
Laboratoire de nanophotonique et métrologie (NAM) de l'EPFL.
Les auteurs présentent des mesures spectroscopiques ainsi
que des simulations d'antennes nanoscopiques résonantes aux
fréquences optiques.
Chacun connaît les antennes classiques
qui, depuis l'invention du Russe Alexander Popov à la fin du
XIXe siècle, jusqu'à leur version miniature
incorporée dans nos téléphones
mobiles, n'ont cessé d'accompagner l'évolution
des télécommunications. Leur silhouette est
parfois imposante.
Aux fréquences
télécommunications, la taille d'une antenne est
en effet déterminée par la longueur d'onde
à laquelle elle doit fonctionner. Ainsi, une des antennes
les plus simples, l'antenne dipolaire formée de deux tiges
métalliques séparées par un petit
entrefer, a-t-elle une longueur égale à la
moitié de la longueur d'onde
considérée (pour un portable fonctionnant
à 900 MHz cela correspond à une antenne de 17
cm). Cette taille permet d'établir un champ
résonant dans l'antenne comparable à une onde
stationnaire (la période d'une onde stationnaire est
égale à la demi-longueur d'onde de la radiation
considérée).
Les antennes étudiées ici
ont une forme similaire aux antennes dipolaires classiques. Elles ont
été "taillées" dans des films d'or
à l'aide d'un faisceau d'ions (focused ion beam "FIB"), une
technologie dont dispose le Centre de micro- et nanotechnologies de
l'EPFL. Leurs dimensions sont de l'ordre de quelques dizaines de
nanomètres, alors que leur fréquence de travail
correspond à une longueur d'onde de 800 nm, à la
frontière du rayonnement visible.
1
- L'étrange comportement des particules
métalliques
Le fait de pouvoir ainsi réaliser une
antenne bien plus petite que la longueur d'onde trouve son origine dans
le comportement particulier du métal à ces
fréquences optiques. Alors que dans les micro-ondes les
métaux peuvent être
considérés comme presque parfaits, de sorte que
le champ électrique généré
par une antenne classique ne pénètre pratiquement
pas dans le métal, dans les fréquences optiques,
le champ électrique pénètre dans le
métal (profodeur de peau), créant des
résonances électromagnétiques
très fortes. Ces résonances, que l'on appelle
résonances plasmons, sont liées au mouvement des
électrons à la surface du métal.
L'excitation d'une telle résonance
dépend du métal utilisé et de la forme
de l'antenne. La propriété la plus remarquable de
cette résonance étant qu'elle apparaît
alors que le résonateur (particule métallique)
est beaucoup plus petit que la longueur d'onde
considérée. Cet effet de résonance
plasmon était d'ailleurs déjà
utilisé par les verriers du Moyen-Âge qui
incorporaient de petites particules de métal dans la
pâte de verre pour créer des vitraux. A une
longueur d'onde spécifique ces nano-particules entrent en
résonance, donnant à la particule une couleur
spécifique et par la même colorant le verre de
façon particulièrement vive.

The Lycurgus cup at the British Museum
(London)
It comes as a surprise to most glass artists to learn that dichroic
glass was produced by the Romans
as far back as the 4th century AD. Don't believe it? Behold the
Lycurgus cup:
Using colloidal gold and silver to achieve the color-shifting effect,
the cup appears green under normal lighting (a) where the light
reflects off the surface.
Place the cup in the dark and put a bright light in the cup and the
glass appears red (b) under the transmitted light.
So, the next time you hear someone explaining how dichroic glass was
invented by NASA, roll your eyes, say "I don't think so" and point them
to the Lycurgus cup.
(Crédits : GlassFact.info
Fact n° 292 published 11/04/2005)
Note d’ordre historique :
-
C’est en 1857, que Michael Faraday
synthétise la première solution de nanoparticules
d’or pur. Il explique alors de manière empirique
comment les nanoparticules métalliques
modifient la couleur des vitraux.
-
Il faut attendre 1908 pour que G. Mie et P.
Lilienfeld élabore une théorie qui
explique la couleur des vitraux en fonction de la taille des
nanoparticules.
-
Aujourd’hui les nanoparticules
d’or sont toujours utlisées pour colorer certains
verres. La fameuse couleur rubis de la collection Véga de
Baccarat a été obtenue grâce
à
l’incorporation de nanoparticules d’or dans le
verre.
2
- Vers des débouchés pour les
télécommunications?
Depuis plusieurs décennies, les toits des bâtiments dans le monde entier sont disgrâcieusement décorés d'antennes de Yagi-Uda, plus communément appelées antennes-râteaux, pour capter les émissions de télévision. À l'Université de Hiroshima, Terukazu Kosako, Yutaka Kadoya et Holger Hofmann ont réalisé une version nanométrique de cette antenne, qui émet de la lumière dans une direction privilégiée.

Une antenne de Yagi-Uda (ou antenne-râteau) à cinq éléments conçue pour des ondes radio (λ est la longueur d'onde, et la région bleue représente le cône d'émission). L'antenne nanométrique réalisée par T. Kosako et ses collègues est constituée de tiges d'or de 50 nanomètres d'épaisseur et longues de 125 nanomètres pour la tige réflectrice, 106 nanomètres pour la tige d'alimentation et 75 nanomètres pour les trois tiges directrices. Elle fonctionne pour une longueur d’onde de 662 nanomètres, en lumière visible.
Crédits : T. Kozako et al. Nature Photonics 30/03/2010
Ces nouvelles antennes optiques nanoscopiques
offrent des possibilités d'applications fascinantes. Ainsi,
peut-on imaginer utiliser les champs puissants qu'elles
génèrent à l'échelle du
nanomètre pour contrôler la fluorescence de
molécules, la
diffusion Raman (SERS), l'émission de
boîtes quantiques, ou tout effet optique
non-linéaire dépendant de l'intensité
du champ électrique. Un domaine d'application
particulièrement intéressant poursuivi par le NAM
est la combinaison de ces antennes avec des canaux de microfluidique
pour créer de nouvelles fonctions "lab-on-the-chip".
(a) Multi element array antennas
concentrate electromagnetic wave to a
point.
(b) optical antenna localize and enhance the coupled light to a point
smaller than the wavelength of the incident light.
(c) The location is highly dependent on the incident wavelength of the
light.
Crédits : Douglas Howe, Applied Optics Spring 2008 : Tunable
nanoscale plasmon antenna for localization and enhancement of optical
energy.
Alors que les
résultats publiés démontrent que le
concept classique d'antenne peut être miniaturisé
à l'extrême, on peut se demander si à
l'inverse certaines propriétés
spécifiques des antennes plasmoniques nanophotoniques - en
particulier leur taille bien plus petite que la longueur d'onde - ne
peuvent être transposées aux fréquences
radio. Ceci permettrait de créer des antennes
particulièrement petites mais très efficaces pour
votre téléphone portable.
SERS reproductible et
localisé
Le nano-design multi-échelle apporte
une réponse pour l'obtention d'un effet SERS reproductible
et localisé.
-
antenne plasmonique simple :
dimère de nanoparticules (figure a)
-
Contrôler la taille
des nanoparticules : résonance
plasmon de surface (D ~ 50 - 100 nm)
-
Contrôler le gap : propriétés du
point-chaud (Hot-Spot) (~ 2 - 10 nm)
-
Calcul par
éléments finis de l'exaltation du champ
électrique avec un dimère de nanoparticules d'or
dans le cas de SERS : voir article par Jeffrey M. McMahon et
al. 2009.
-
Réseau d'antennes
plasmoniques (~ µm) (figure b)
-
Exemple : SERS Hyperspectrale
sur un dimère de nanoparticules de molécules de
bleu de méthylène.
SERS Hyperspectrale sur un dimère de
nanoparticules (Excitation laser 633 nm) de molécules de
bleu de méthylène.
Figure (a) : Spectre Raman SERS
obtenu
Figure (b) : mapping mettant en
évidence la localisation de la diffusion Raman sur le
dimère de nanoparticules.
Crédits : J. Margueritat, H.
Gélan, J. Grand, G. Lévi, N. Felidj, J. Aubard,
A. Bouhelier,
L. Markey, G. Colas-des-Francs, C. Marco de
Lucas, A. Dereux et E. Finot.
ITODYS : équipe plasmonique,
Université Denis Diderot Paris 7
LICB : équipe Nanosciences
Université de Bourgogne
Voir aussi : Ultra-sensitive vibrational spectroscopy of protein monolayers with plasmonic nanoantenna arrays
Un photodétecteur IR à plasmons de surface
où la fin programmée des détecteurs MCT (Mercure-Cadmium-Tellure) 27 juillet 2010
Des chercheurs de l’Institut Polytechnique Rensselaer de Troy dans l’état de New York (à 280 km à l’est de Boston) ont mis au point un photodétecteur infrarouge à plasmons de surfaces. Cette microlentille nanotechnologique s’avère être deux fois plus puissante que les photodétecteurs actuels et pourrait conduire à une nouvelle génération de caméras infrarouge ultra-puissantes pour l’observation satellite, les dispositifs de vision nocturne ou encore l’imagerie médicale. Avec quelques améliorations, les chercheurs s’attendent à ce que cette nouvelle technologie puisse être en mesure d’améliorer ce rendement jusqu’à 20 fois.
Au lieu d’utiliser le mélange Mercure-Cadmium-Tellure, les chercheurs ont recouvert la surface d’un photodétecteur infrarouge constitué de puits quantiques (quantum dots) de InAs d’environ 50 nm d’or qu’ils ont percé de trous d’environ 1,6 micron de diamètre et de 1 micron de profondeur. En faisant focaliser la lumière dans ces mini-trous vers les puits quantiques, plus de photons sont absorbés, donc convertis en électrons par la structure semi-conductrice InAs à puits quantiques.
Cette structure facilite en fait une interaction forte plasmons de surface/puits quantiques, conduisant à une amélioration de 130% de la réponse infrarouge au niveau de la résonance plasmonique. Financés par l’US Air Force Office of Scientific Research, les chercheurs ont travaillées sur deux mécanismes clés pour l’amélioration des performances :
-
la conception optimisée des trous d’or qui permet un couplage efficace de la lumière de l’extrême-champ à un mode localisé plasmonique.
-
la correspondance spatiale des couches de semi-conducteurs avec la fonction d’onde du mode plasmonique.

- The Future Chips Constellation & Department of Physics, Applied Physics and Astronomy, Rensselaer Polytechnic Institute, Troy, New York 12180
-
Center for High Technology Materials, Department of Electrical and Computer Engineering, University of New Mexico, Albuquerque, New Mexico 87106
-
Space Vehicles Directorate, Air Force Research Laboratory, Kirtland Air Force Base, New Mexico 87117
Nano Lett., 2010, 10 (5), pp 1704-1709
Publication Date (Web): April 20, 2010
En outre, le traitement de surface se prête à la fabrication à grande échelle et, surtout, ne dégrade pas le bruit intrinsèque de la cellule photoélectrique, sans, non plus, impacter sur le temps de réponse de l’appareil. Pour faire simple, l’effet est semblable au fait de couvrir chaque petit puits quantique avec une lentille, mais sans le poids supplémentaire, et avec moins les tracas et sans les coûts d’installation et le calibrage des millions de verres microscopiques !
Absorbeurs
sélectifs, filtres, voire spectromètres...
1 - Perfect plasmonic absorber
A group from Stuttgart have experimentally
demonstrate a perfect plasmonic absorber at l
= 1.6 mm. Its
polarization-independent absorbance is 99% at normal incidence and
remains very high over a wide angular range of incidence around
±80°. They have introduce a novel concept to utilize
this perfect absorber as plasmonic sensor for refractive index sensing.
This sensing strategy offers great potential to maintain the
performance of localized surface plasmon sensors even in nonlaboratory
environments due to its simple and robust measurement scheme.
Source : Infrared Perfect Absorber and Its
Application As Plasmonic Sensor
Na Liu, Martin Mesch, Thomas Weiss, Mario Hentschel and Harald Giessen
Physikalisches Institut, Universitt Stuttgart, D-70569 Stuttgart,
Germany
Nano Lett., 2010, 10 (7), pp 2342–2348
DOI: 10.1021/nl9041033
Publication Date (Web): June 18, 2010

2 - Plasmonic nanoresonators for high-resolution colour filtering and spectral imaging
Colour and spectral imaging systems typically use filters and glass prisms to disperse light of different wavelengths. With the miniaturization of integrated devices, current research on imaging sensors focuses on novel designs aiming at high efficiency, low power consumption and slim dimension, which poses great challenges to the traditional colourant-based filtering and prism-based spectral splitting techniques. In this context, surface plasmon-based nanostructures are attractive due to their small dimensions and the ability to efficiently manipulate light. In this article in Nature Communications, Ting Xu,
Yi-Kuei Wu, Xiangang Luo, L. Jay Guo de l'université du Michigan (Plasmonic nanoresonators for high-resolution colour filtering and spectral imaging, published 24 08 2010)
use selective conversion between free-space waves and spatially confined modes in plasmonic nanoresonators formed by subwavelength metal-insulator-metal stack arrays to show that the transmission spectra through such arrays can be well controlled by using simple design rules, and high-efficiency colour filters capable of transmitting arbitrary colours can be achieved. These artificial nanostructures provide an approach for high spatial resolution colour filtering and spectral imaging with extremely compact device architectures

(a) Scanning electron microscopy (SEM) image of the fabricated 1D plasmonic spectroscope with gradually changing periods from 400 to 200 nm (from left to right). Scale bar, 2 μm.
(b) Optical microscopy image of the plasmonic spectroscope illuminated with white light.
(c) SEM image of the fabricated 2D spoke structure. Scale bar, 3 μm.
(d) Optical microscopy images of the spoken structure illuminated with unpolarized light (centre) and polarized light (four boxes).
Et
l’invisibilité alors ?
Une réponse est apportée actuellement
par les métamatériaux. Il s'agit en
général de structures périodiques,
diélectriques ou métalliques, qui se comportent
comme un matériau homogène n'existant pas
à l'état naturel. Il existe plusieurs types de
métamatériaux en
électromagnétisme, les plus connus
étant ceux susceptibles de présenter à
la fois une permittivité et une
perméabilité négatives. Mais il en
existe d'autres : milieux d'impédance infinie, milieu
à permittivité relative inférieure
à 1, etc. En réalité les
métamatériaux sont très anciens,
puisqu'on peut considérer par exemple les verres
colorés utilisés dans les vitraux des
cathédrales comme des métamatériaux
optiques. De même on peut considérer les cristaux
photoniques comme des métamatériaux.

Les
lois de la réflexion :
- En optique classique, un rayon lumineux est toujours
dévié selon un angle
déterminé par la loi de Snell-Descartes, toujours
de l'autre côté de l'axe perpendiculaire
à l'interface
-
Dans la réflexion "négative", à
l'entrée dans un métamatériau, un
rayon est dévié du même coté
de cet axe
-
Diagramme μ de ε montrant les 4 combinaisons
possibles de μ et ε
Les milieux dits « main gauche » ou
à « indice de réfraction
négatif », ont été
théorisés en 1967 par Victor
Veselago. Ils nécessitent une
perméabilité et une permittivité
négatives simultanément. Longtemps, cette double
condition a été difficile à
réaliser, même si l'on connaissait depuis
longtemps des milieux présentant une permittivité
négative (par exemple les plasmas).
En 2000, John
Pendry, de l'Imperial College, en propose une
réalisation à l'aide de structures
périodiques métalliques formées
d'anneaux concentriques coupés, appelées
split-ring resonators (SRR), et de fils métalliques
continus. Il avait démontré dans deux articles
successifs qu'un arrangement périodique de fils
métalliques continus parallèles
présentait en basse fréquence une
permittivité négative et qu'un réseau
périodique de SRR présentait une
perméabilité négative autour d'une
fréquence de résonance.
En réunissant les deux réseaux dans
une structure périodique composite, on réalisait
le milieu proposé par V. Veselago. Ce milieu
présentait alors un indice négatif au voisinage
de la fréquence de résonance des SRR.
-
V.G. Veselago, « The Electrodynamics of substances with
simultaneously negative values of ε and μ
», Soviet Physics Uspekhi, Vol. 10, No. 4,
janvier-février 1968
-
J.B. Pendry, « Negative refraction makes a perfect lens
», Phys. Rev. Lett., Vol. 85, pp. 3966-3969, 2000
Des tentatives de réalisation de ces
métamatériaux en infra-rouge et dans le domaine
visible ont été également
proposées. Il s'agit de véritables tours de force
dans la mesure où la période du réseau
est de l'ordre du dixième de la longueur d'onde. Par exemple
dans le visible, si la longueur d'onde est 500nm, la période
est de l'ordre de 50nm, avec des largeurs de motifs
métalliques de l'ordre de la dizaine de
nanomètres.
La difficulté vient donc du fait qu'il faut obtenir des structures très petites (afin de
créer des réseaux à petites
périodes). Actuellement, les
métamatériaux sont réalisés
par micro-gravure ou nano-gravure. Ils sont constitués de
fibres de cuivres imprimés dans des fibres de verre
constituant ainsi la partie isolante, c'est-à-dire la partie
diélectrique du métamatériau. C'est
donc principalement dans la mise en forme que les ingénieurs
sont limités. Certains groupes de recherche, dont des
français, espèrent trouver une solution en
changeant la méthode de fabrication, c'est-à-dire
en réalisant ces métamatériaux par
auto-assemblages dirigés, ces derniers se fabriquant alors
de manière quasi-naturelle. D'autre part, le
problème de l'élaboration d'un tel
matériau provient de la difficulté à
obtenir des matières premières de grande
pureté.
Conclusion : il est plus facile de
réaliser un métamatériau agissant sur
les ondes radio ou les micro-ondes (ondes radar) que sur la lumière, de
longueur d'onde beaucoup plus courte.
1 -
Domaine des micro-ondes
C'est à une véritable course que se
livrent les spécialistes mondiaux des
métamatériaux. Il ne se passe plus un mois sans
qu'un record tombe ou qu'un théoricien annonce de
fracassantes prédictions. Parmi elles, la plus
médiatisée est l'invisibilité, la cape
(tapis, voile...) d'Harry Potter s'invitant désormais
régulièrement dans les revues scientifiques. Au
mois d'octobre, l'équipe de David Smith, à la
Duke University, parvenait à faire traverser sans
déviation par des micro-ondes un
métamatériau alors que celui-ci contenait un
anneau de cuivre qui aurait dû les arrêter.

Cellule constituant la cape d'invisibilité :
-
Unit cell
-
The dimensions of a typical square SRR are: L=3.6 mm, w=0.3 mm and copper
thickness t=35 μm. The SRRs gap g and lθi,
are the only varying parameters. lθi
linearly decreases from the outer to the inner boundary of the cloak
Dans son rapport annuel 2009, le
président du CNRS, Alain Fuchs, s'enorgueille d'une cape de
protection à large
domaine spectral réalisée par B. Kanté, D. Germain et A.
de Lustrac de l'IEF à l'université de
Paris-Sud - Orsay.

Invisibility cloak from metamaterials based SRRs stripes
-
Assembling of the invisibility cloak from metamaterials based SRRs
stripes in the silicone mould.
-
Realized invisibility cloak
-
Two dimensional view of the experimental setup.
-
Picture of a portion of the experimental setup with the loop antenna
mapping the magnetic field at the bottom surface of the cloak.
2 -
Domaine du visible
Il fallait que ces fameux
métamatériaux manifestent leurs
propriétés extraordinaires dans le domaine de la
lumière visible et non dans celui des micro-ondes comme
c'était le cas jusqu'à présent. C'est
fait ! Cet été (2006), Costas Soukoulis avait promis
qu’il y parviendrait. Il a tenu parole. Lui et son équipe du
laboratoire Ames, aux Etats-Unis, viennent d'annoncer qu’ils tenaient
un métamatériau fonctionnant à 780
nanomètres, c'est-à-dire la longueur du rouge.
Son équipe, qui collabore avec des scientifiques allemands
de l’université de Karlsruhe, l’a
réalisé en gravant des trous de 100
nanomètres dans une couche d'argent et de fluorure de
magnésium.
3 - Et
si on reparlait des plasmons de surface...
La
premiere réalisation mondiale de
l’invisibilité pour les plasmons - un des graals
de la photonique moderne.
Un article écrit par Muamer Kadic,
Sébastien Guenneau et Stefan Enoch de l’lnstitut
Fresnel est paru en ligne vendredi 21 mai 2010 dans Optics Express (Optic
Express; Vol. 18, No. 11, 12027) :
ils sont les premiers à démontrer
théoriquement et numériquement que l’on
peut contrôler la propagation des plasmons à la surface des
métaux.
Les applications potentielles de ce concept sont colossales.
Cet article a été soumis
simultanément aux équipes du Pr Zhang à Berkeley
(spécialiste des métamatériaux) et du
Pr Garcia-Vidal à Madrid (un des leaders européens sur la
plasmonique) :
- Transformational
Plasmon Optics : Yongmin
Liu, Thomas Zentgraf, Guy Bartal and Xiang Zhang; Nano Lett., 2010, 10
(6), pp 1991-1997
- Transformation
Optics for Plasmonics : Paloma A. Huidobro, Maxim L. Nesterov,
Luis Martn-Moreno and Francisco J. Garca-Vidal; Nano Lett., 2010, 10
(6), pp 1985-1990
Ces trois premiers articles sur le cloaking (invisibilité)
plasmonique vont avoir un impact médiatique tout à fait
notable dans les semaines à venir.
En effet, Sir John Pendry, inventeur de la cape
d’invisibilité, a reçu un soutien
appuyé (£4.9 million) du fond Leverhulme
en novembre 2009 pour développer les
métamatériaux en plasmonique :
Or les trois articles précités (par
une équipe américaine, et deux équipes
européennes, dont l’équipe CLARTE de
l’Institut Fresnel) sont la preuve théorique et
numérique que l’on peut contrôler les
plasmons avec les métamatériaux.
Material witness: Starting
to shine
News
and Views by Philip Ball, Nature Materials 7, 274 (2008)
Some new fields of research announce themselves
with a fanfare - high-temperature superconductivity was one. Others
start with a whisper, heard by insiders but inaudible to the rest of
us. Plasmonics is of this variety. Had this field begun with what is
now its most famous trick - rendering objects invisible with shields
that bend electromagnetic radiation in strange ways - it would have
made instant headlines. But one of the foundational papers seemed at
the time a mere curiosity, not obviously fitting into any familiar
agenda.
Thomas
Ebbesen and his co-workers at the NEC Research Institute in
Princeton reported in 1998 that light can be squeezed through metallic
films perforated by arrays of cylindrical pores, even though the pores
were just a tenth as wide as the light's wavelength (Nature
391, 667-669; 1998). That defied the
conventional wisdom that light transmission is limited by diffraction
effects. Ebbesen
discovered this almost a decade earlier, but only later deduced what
was happening: the light excites waves in mobile surface electrons of
the metal (plasmons), with the same frequency but shorter wavelength.
These can pass through the holes and lead to re-radiation of light on
the far side.
Ebbesen
and colleagues hinted at "applications in novel photonic
devices", but only more recently has it become clear what that could
mean: for example, coupling light signals to nanoscale metal waveguides
on a chip without suffering from diffraction-limit restrictions on
size. Plasmonic nanoshells have been proposed as light-absorbing
heaters to burn up cancerous tissue. And metamaterials, the stuff of
the invisibility cloak, also depend on the excitation of surface
plasmons in their metallic components.
One problem with plasmonic devices is that some
of the plasmon energy is typically radiated away because of scattering
at the boundaries of materials with different refractive index. Elser
and Podolskiy have now shown how metamaterials might do away with this
source of power loss, by cladding interfaces with structures of
suitably graded optical properties - not unlike the way graded-index
cladding on optical fibres stops light escaping (Phys.
Rev. Lett. 100, 066402; 2008). They
say that electric fields can dynamically tune the local refractive
index of these structures, so that a block of metamaterial might be
reversibly imprinted with all kinds of optical-response patterns: one
moment a lens, the next a mirror or waveguide.
Meanwhile, Le Perchec et al.
have shown that surface plasmons could explain why some metal films
(notably silver) absorb light strongly: relatively shallow surface
grooves can 'capture' the light by acting as plasmonic resonators and
waveguides (Phys.
Rev. Lett. 100, 066408; 2008). The
effect might also explain why such metal films produce surface-enhanced Raman scattering
(SERS), a useful spectroscopic tool. And Zhang et
al. have found that surface voltages excited on the inner
face of invisibility shields will reflect electromagnetic waves
radiated from an active device inside, eliminating leakages that would
reveal its presence (Phys.
Rev. Lett. 100, 063904; 2008).
As far as plasmons go, we are clearly still just
scratching the surface.
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